Chers Paroissiens,
Il y a une dizaine d’années, Mgr Georges Pontier, alors président de la Conférence des Évêques de France, disait : « Il ne faut pas laisser l’État nous imposer une seule manière d’être ». Le chrétien vit dans le monde, dans la société, comme n’importe quel citoyen. Sa différence est qu’il vit de la sagesse divine éclairant et inspirant sa manière d’être. C’est ainsi que le chrétien revendique son droit et même son devoir de ne pas accepter une manière d’être qui le mette en porte-à-faux avec la loi suprême de l’Évangile du Christ. « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi », dit la dernière Béatitude de Jésus (cf. Mt 5, 11).
Nous devons donc être fiers d’être chrétiens, fiers d’avoir l’honneur de pouvoir apporter notre pierre à la pensée de notre nation, « la pierre angulaire, rejetée par les bâtisseurs » (cf. Mt 21, 42). Si le Christ ne s’impose pas, il se propose. Dans tous les domaines de notre vie, Jésus Christ doit être présent. Ne le laissons pas à l’église ou « dans la sphère privée » ! Notre société n’est plus chrétienne, elle a besoin de découvrir le Christ. Ce n’est pas lui dire que, seule, la manière d’être chrétienne est la meilleure, c’est lui dire que le Christ l’’éclaire pour développer ce qui est bon en elle et abandonner ce qui est mauvais. Nous le savons, lorsque l’amour n’est plus la norme, la pensée de l’homme est abrutie et sa manière d’être, sans âme. Le respect de la vie humaine est la base de la pensée chrétienne ; sans amour, l’amour de Dieu, ce respect est en péril.
Le nombre des persécutions chrétiennes augmente, partout dans le monde, et l’on n’en parle pas. En France, c’est souvent la dérision, la moquerie, l’intimidation sournoise. Nous avons besoin de nous affirmer, « avec douceur et respect » comme dit saint Pierre (cf. 1 P 3, 16a) pour montrer que la foi chrétienne est un chemin de bonheur. Nous pensons autrement et nous assumons notre manière d’être pour que l’Évangile soit vivant. Si, comme nous le croyons, « Jésus Christ a les paroles de la vie éternelle » (cf. Jn 6, 68), ce trésor précieux est à partager en paroles et en actes, en attitudes et en choix. Une manière d’être toujours en conversion, qui sait reconnaître et réparer ses erreurs. Une manière d’être perfectible pour la plus grande gloire de Dieu.
Abbé Jean-Paul FILIPPI